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Auto-édition, le plaisir de terminer son roman

Dans mon précédent article « Auto-édition, pourquoi se lancer ? », je vous expliquais les raisons qui peuvent vous pousser à vouloir vous autoéditer et je vous faisais part également de ma « checklist » personnelle pour bien commencer.

Si vous avez raté l’article ou que vous êtes déjà sûr de votre choix pour l’auto-édition, je vous remets ci-dessous les étapes qui selon moi sont absolument nécessaires pour mettre à disposition du monde entier votre roman. Je précise « roman », car je n’ai pas d’expérience particulière à vous partager concernant les ouvrages illustrés ou encore les guides pratiques. Ce sont de très beaux projets, évidemment, mais je ne suis pas la mieux placée pour vous en parler.

Maintenant que cela est dit, revenons-en à la « checklist ». Les étapes que vous devez suivre sont les suivantes :

  • Écrire son livre, le relire, le faire relire, le peaufiner, l’aimer, le chérir… je m’emballe
  • Créer sa microentreprise (le nouveau nom de l’autoentreprise depuis quelques années déjà)
  • Ouvrir un compte bancaire dédié
  • Inscrire votre microentreprise au RCS (c’est obligatoire)
  • Faire domicilier votre microentreprise (seulement si vous ne voulez pas que votre adresse personnelle ne soit inscrite sur votre livre)
  • Formater votre livre selon le format que vous souhaitez publier
  • Créer ou faire créer sa couverture (format standard + la version avec le dos du livre et la 4ème de couverture)
  • Demander vos numéros ISBN si vous souhaitez publier une version papier de votre livre (généralement pour les ebooks, les plateformes vous fournissent le précieux numéro)
  • Créer des comptes sur les plateformes d’ebooks et publier 1 par 1 vos ebooks dans le bon format
  • Choisir votre imprimeur
  • Faire votre promotion (là, c’est à vous de choisir : création d’un site internet, ouverture de compte sur les réseaux sociaux, démarchage des librairies, publicité en ligne, publicité « offline », etc.)

Et dans cet article, je m’attarderai particulièrement sur le premier point : écrire son livre, le relire, le faire relire, le peaufiner, l’aimer, le chérir…

Pour vous, auteur, c’est le nerf de la guerre, le cœur du métier (si je peux oser utiliser ce mot), votre raison d’être. Vous venez d’écrire la dernière ligne de votre roman. Que vous ayez terminé par le début, la fin ou le milieu, vous êtes arrivé au bout. Avant toute chose, félicitations ! Parce que non, ce n’est pas rien. Vous avez fait aboutir votre projet et vous tenez là une réalisation importante. Certains aiment le sport, la compétition, le jardinage, discuter avec les gens, aller au bureau, profiter du soleil, regarder tomber la pluie, manger des pistaches, bref, chacun est différent et vous, vous êtes lancé dans cette grande aventure qu’est l’écriture. Si vous en êtes arrivé là, c’est que vous en aviez envie et que vous avez tenu bon jusqu’au bout. C’était votre but depuis plusieurs heures, jours, semaines, années, et vous l’avez fait ! C’est un grand jour. Alors si comme moi vous aimez célébrer la vie, je vous invite à célébrer cette victoire. Vous avez écrit la dernière ligne, mais vous n’êtes pas au bout de vos peines on ne va pas se mentir. Ceci étant, il me semble important de donner une valeur à ces moments précieux. On parle quand même d’un réel « achievement », une vraie réussite. Vous avez réussi à écrire de bout en bout une histoire qui vous tenait à cœur. Vous avez créé des personnages, des paysages, des scènes, des situations, tout cela sort de votre esprit et vous avez réussi à aller au bout. Alors peut-être que derrière vous avez encore au moins autant d’heures de travail à fournir mais prenez le temps d’apprécier cet accomplissement.

Une fois que cela est fait, vous ne pourrez pas vous reposer, bien au contraire. Vous avez terminé l’écriture et vous avez certainement relu au fur et à mesure de votre histoire mais vous allez devoir relire, re-relire et re-re-relire encore. Je vous le dis très honnêtement, après la douzième lecture il ne fallait plus me parler d’aucun des protagonistes. La moindre chose qui me faisait penser à une scène de mon roman me plongeait dans un profond « je suis sûre que ça tient pas debout » et autres joyeusetés. Alors, oui vous allez devoir relire votre roman. De bout en bout. Du titre jusqu’aux remerciements. C’est long. Long et fastidieux. Long, fastidieux et parfois très rébarbatif. Qu’on se le dise, l’histoire vous la connaissez. Par cœur même. Contrairement aux livres que vous lisez, vous connaissez ici le début, le milieu et la fin mieux que personne. Vous n’avez plus le droit au plaisir de la découverte, vous savez exactement ce qui va se passer, quand et comment. Vous savez qui meurt, qui gagne et même la couleur des yeux de l’ami du fils de la tante de votre personnage principal. Donc en gros, si la première relecture est plaisante, les suivantes peuvent s’apparenter à tout autre chose.

Mon conseil à présent

Chaque fois que vous terminez un chapitre ou que vous êtes bloqué dans l’écriture, prenez le temps de relire de manière organisée. Lisez en faisant s’enchaîner les scènes, vérifier la cohérence des actions de votre personnage à l’instant que vous êtes en train d’écrire avec ce qu’il a fait précédemment et questionnez-vous sans cesse. Est-ce que cela colle vraiment avec la personnalité du protagoniste ? En quoi cela fait-il avancer l’histoire ? Qu’est-ce qui est prévu ensuite ?

Une fois que votre relecture « quotidienne » est faite, votre relecture finale n’en sera que plus aisée. Comme je vous le disais, j’ai d’abord choisi de vérifier les stats globales du roman que je venais d’écrire pour être sûre que je n’avais pas radoté, que la présence de chaque personnage était équilibrée, etc. Une fois cela fait, j’ai relu de manière à trouver les incohérences. C’est un point très important. Vérifiez que vos personnages gardent le même prénom, cela paraît bête mais quand vous jonglez avec une trentaine de personnes dans votre récit, les erreurs peuvent vite arriver. Vérifier la temporalité. Parfois on a l’impression que des mois se passent entre deux scènes alors qu’en fait seule une semaine s’est écoulée. Faites-vous, si vous ne l’avez pas fait en travail préparatoire, une frise chronologique. Qu’est-ce qui se déroule quand et avec qui ?

Pour moi, c’est seulement une fois que vous avez fait ces relectures de travail que vous pouvez prendre le temps de relire votre roman comme un vrai bouquin que vous auriez choisi à la librairie. Petite astuce, si en commençant votre relecture « pour le plaisir » vous vous arrêtez trop souvent pour noter les petites erreurs que vous relevez, c’est qu’il n’est pas encore venu le temps de relire « pour le plaisir », il vous faut à nouveau relire pour les corrections orthographiques, de syntaxe, de contexte, de chronologie, de cohérence, etc.

Une fois votre roman relu par vos soins, vous devez le faire relire autour de vous. Alors, oui, c’est difficile. Difficile parce que vous allez être confronté à la dure réalité. Vous êtes très fier de votre histoire et encore une fois, un vrai grand bravo d’être parvenu à l’écrire, mais le monde qui vus entoure ne verra peut-être pas cela du même œil et c’est tant mieux. Alors si vous êtes susceptible, que vous vous découragez vite, que vous n’êtes pas si fier que ça de votre livre finalement, que vous avez honte de révéler au monde entier pourquoi vous n’êtes pas sorti ces six derniers mois, vous pouvez abandonner ici, mais je vous le déconseille plutôt deux fois qu’une. Tout d’abord vous avez écrit ce livre alors peut-être qu’il est vraiment nul mais vous avez investi votre temps dedans, donnez-vous au moins une chance. Ensuite, vous pouvez demander des retours « doux » si vous voulez ménager votre susceptibilité. Par exemple vous pouvez demander à ce que la personne vous envoie un mail avec ses critiques plutôt que d’en discuter en face à face si vous ne vous sentez pas de recevoir de plein fouet les aberrations de votre roman. De même, cela sera peut-être plus simple pour ceux que vous aurez choisi de vous faire un vrai retour et pas un « j’adore » non argumenté parce qu’ils ont peur de votre réaction. Enfin, n’abandonnez pas maintenant parce que ce serait vraiment trop bête. Pour vous, pour votre plaisir, il serait à minima sympathique que vous puissiez faire imprimer votre livre pour en conserver un souvenir, qu’importe le choix que vous ferez derrière de le publier ou non. Il est vraiment trop bête de s’arrêter si près du but. Alors, faites-le relire pour que votre version imprimée soit la version finale de votre ouvrage et pas une version intermédiaire que vous serez obligé de faire réimprimer quand vous ressortirez de vos vieux cartons votre ancien projet laissé depuis à l’abandon.

Faire relire

Faites relire votre texte et considérez tous les avis qui vous reviennent qu’ils soient positifs ou négatifs. Considérez chaque remarque qu’elle soit de l’ordre du détail ou plus global. Par exemple, quand j’ai fait relire mon roman Demain commence une autre vie, dans ma tête il était très clair que les robots tueurs étaient très grands. L’une des personnes qui a relu m’a très justement fait remarquer que les robots passaient d’une taille normale à des géants au fil du texte. Cela m’a surpris, car ils avaient toujours été immenses dans la représentation que je m’en étais faite mais il était tout à fait vrai que la première fois que je les décrivais, j’omettais ce détail. J’ai aussi reçu d’autres avis sur d’autres passages, j’en ai retravaillé certains mais pas d’autres, car j’ai jugé que les corrections n’étaient pas nécessaires. Prenez tout ce que vous recevez mais gardez votre discernement d’auteur. Parfois vous choisissez des tournures pour coller à « votre style ». Si tout le monde trouve que cela dessert l’histoire, pensez à vous raviser, sinon pesez le pour et le contre si les avis sont divergents ou isolés.

Vous avez enfin passé l’étape des relectures. C’est long on ne va pas se mentir. Si votre roman nécessite 4 heures de lecture silencieuse, vous pouvez en compter le double pour la relecture attentive. Mais c’est vraiment une étape incontournable et dont le travail sera fortement minimisé si vous relisez bien au fil de votre écriture.

Et la suite…

Et maintenant ? Tatie Michèle est déjà fan et en a parlé à toutes ses copines qui pensent quand même qu’elle n’est pas très objective. C’est souvent un peu vrai quand vous faites relire, car c’est vous qui choisissez votre panel de lecteur et c’est souvent des gens que vous connaissez. Je vous conseille donc de proposer aux copines de tatie Michèle de donner elles aussi leur avis. Précisez-leur que vous n’êtes pas du tout susceptible et qu’elles peuvent y aller sur les commentaires ; bon vous êtes sûrement en vrai un peu sur les nerfs dès qu’on vous dit que c’est dommage d’avoir oublié l’espace après la virgule page 253 alors que c’est nickel sur toutes les autres pages et que ça fait déjà 26 fois que vous retouchez la page 253, mais rappelez-vous, même si c’est désagréable, plus vous avez de relecteurs, plus vous aurez d’avis objectifs à la fin.

Vous pouvez vous targuer de cocher « Relecture — done » sur votre « checklist », chacun y est allé de son petit commentaire et votre chat a désespérément fui le plus loin possible du salon pour ne pas vous entendre relire pour la centième fois la même phrase sur laquelle vous n’êtes pas sûr de l’emploi du temps approprié. Si vous en êtes là, c’est que vous avez un fichier propre contenant votre roman et environ 12 versions papier de votre livre annotées. Petit point sur le rangement, c’est le moment de jeter les versions griffonnées. Vous pouvez garder la première si ça vous fait plaisir mais honnêtement les versions intermédiaires sont loin d’être nécessaires. Même si vous devenez aussi reconnu que J.K. Rowling, on vous demandera la version originale, pas les seize autres essais non aboutis. Alors, allez-y, triez, faites le vide et vous vous sentirez déjà mieux. Votre version finale est votre passeport pour l’édition, gardez la précieusement, enregistrez là quelque part et déposez -là pour que vous en soyez reconnu comme l’auteur initial. Pour cela, rien de plus simple. Il vous suffit de vous envoyer un mail (vous l’avez peut-être déjà fait à de nombreuses reprises de peur de perdre votre travail en cas de panne de votre ordinateur), cela sert d’attestation pour prouver que vous êtes bien à l’origine de la création de votre œuvre. Vous pouvez aussi choisir de le déposer auprès de l’INPI via une enveloppe eSoleau. C’est ce que j’ai fait, en plus de l’envoi d’un mail. Le bémol c’est que cela est payant, contrairement à l’e-mail, mais je trouvais cela plus sécurisé. À vous de voir si vous êtes prêt à investir 15 euros. Je ne saurais trop vous conseiller, car je n’ai jamais dû prouver que j’étais bien l’auteure de mon roman et je ne sais donc pas si un dépôt « officiel » est mieux perçu.

À présent, profitez. Vous êtes allé au plus loin de votre création, tout est prêt pour la publication, vous n’avez donc plus de travail créatif sur l’œuvre en tant que tel. Une fois encore, vous n’êtes pas au bout, mais célébrez cette nouvelle victoire, ça vaut le coup !

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