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Etre salarié et auteur

Beaucoup d’entre vous se sont déjà posé la question d’être auteur en plus de leur profession. C’est une très bonne idée de le faire, à condition que vous en ayez le droit ! En effet, la toute première question à se poser avant de faire de l’écriture une activité complémentaire est : ai-je le droit d’être écrivain et salarié ?

Avant de vous lancer, vous devez répondre à cette interrogation. Aucun employeur ne peut vous empêcher de vivre vos passions. Ainsi vous êtes libre de faire de la boxe, de la natation, de la peinture, aller au cinéma, vous promener dans la forêt, le tout, sur votre temps livre. Bref vous avez donc à priori le droit d’écrire. Cependant, écrire comme un passe-temps est différent d’en faire un métier ou une activité professionnelle. En effet, si un employeur ne peut pas vous reprocher d’écrire si vous le faites sur votre temps personnel, il peut vous empêcher d’exercer cette activité en tant qu’activité professionnelle complémentaire en parallèle de votre actuel emploi.

Il y a à priori peu de chance pour que ce soit le cas, mais vous devez vous en assurer. Certaines entreprises/organisations interdisent ainsi toute activité professionnelle qui viendrait en supplément de votre activité principale. Elles peuvent contraire l’activité professionnelle supplémentaire en excluant toute activité ou en en excluant certaines. Par exemple, vous trouverez dans votre contrat des clauses limitant vos activités professionnelles secondaires à des domaines éloignés du vôtre ou en les limitant au domaine artistique. J’ai travaillé dans une entreprise où il nous était interdit d’avoir un autre travail en parallèle sauf s’il relevait d’un contrat sportif ou artistique. On pouvait donc être écrivain le weekend mais pas vendeur en boulangerie le samedi.

Votre contrat de travail et/ou les conventions collectives de vos entreprises stipulent ce genre d’informations. Il est de votre ressort de vous renseigner avant de vous lancer. Si votre employeur le permet, vous n’avez pas à l’informer de votre activité parallèle. Attention cependant à bien décorréler les deux ; il n’est pas question que vous écriviez sur vos horaires de bureau !

Alors, si vous avez le droit de le faire, comment gérer vos deux activités ? 

Que vous soyez auteur et autoéditeur ou auteur publié en maison d’édition, si vous conservez votre activité professionnelle « originelle », vous pourrez être confronté à un certain nombre d’obstacles.

La gestion du temps

Quand vous avez deux activités, vous travaillez doublement. À vous de trouver les synergies pour que chacune des deux activités soit bénéfique pour l’autre.

Vous faites 2 activités qui n’ont peut-être rien à voir et vous devez vous investir dans les 2. Dans votre activité principale parce que vous vous devez de maintenir votre engagement et dans votre nouvelle activité parce que c’est votre rêve. En ajoutant une activité, vous allez accroître votre temps de travail, mais vous pouvez faire en sorte de minimiser celui-ci.

  • Utiliser vos « temps morts »

Si vous faites beaucoup de transport, vous pouvez mettre à profit ce temps. Si vous avez la possibilité d’être assis dans les transports en commun, vous pouvez écrire ! Que ce soit avec un papier et un stylo, sur votre téléphone, votre tablette ou même votre ordinateur portable, 40 minutes assises sont 40 minutes bénéfiques pour vos écrits.

Si vous n’avez pas la chance d’être assis dans les transports en commun ou que vous n’avez que 20 minutes de temps « tranquille » avant de devoir courir dans les couloirs du métro pour choper votre troisième mode de transport de la journée, vous pouvez toujours vous servir de ce temps en :

– réfléchissant à votre projet, là où vous en êtes resté, ce que vous devez écrire ensuite, etc. Si votre mémoire est bonne, vous pourrez dès votre arrivée tout consigner rapidement sur papier. En 5 minutes vous aurez couché les grandes lignes de ce qui vous est venu. L’imagination est importante dans l’écriture, cultivez-là.

– observant le monde qui vous entoure. Ce que vous voyez peut être votre inspiration. Nourrissez-vous de ce que vous avez sous les yeux, les sentiments que cela vous procure, les images qui vous viennent, etc. vous pourrez transformer la situation, même quotidienne, en quelque chose.

– lisant. Oui, ça coule de source, vous pouvez lire debout, vous pouvez lire 5 minutes seulement et ce temps est complètement rentabilisé. Déjà parce qu’un bon auteur est un lecteur. Ensuite, parce que vous pouvez lire des livres comme Ecrire un roman et se faire publier de Bob Mayer.

Si vous êtes au volant de votre voiture une grande partie de votre trajet ou de votre journée, restez concentré sur votre route bien sûr, mais d’expérience, les embouteillages sont fabuleux pour laisser vagabonder son esprit. Oubliez le mec au volant de sa Twingo qui vous a fait une queue de poisson, concentrez-vous sur ce qui vous entoure et soufflez.

  • Mettre à profit vos expériences

Si vous êtes salarié, vous avez peut-être vécu plusieurs expériences professionnelles dans différentes entreprises, ou alors rencontré des dizaines et des dizaines de personnes ou encore vécu des choses assez dingues pour que tout cela vienne nourrir vos écrits. Le personnage de Solène dans votre dernier roman ressemble étrangement à Marina votre ancienne voisine de bureau. Étrangement. Il est plus simple d’écrire sur ce que l’on connaît que sur ce que l’on ne connaît pas. Quand vous vous risquez dans un domaine que vous ne maîtrisez pas, vous devez faire beaucoup de recherches. Ce n’est pas du tout à exclure, mais si vous voulez commencer simplement, prenez vos expériences comme des sources infinies d’idées. Pas besoin de paraphraser votre ancien boss ou de révéler tous les secrets du salon de coiffure de votre ancien employeur, non, vous n’avez pas besoin de raconter la vraie vie, mais vous pouvez l’utiliser pour rendre vos écrits crédibles.

  • Enrichir votre activité principale

Pour votre activité d’auteur, vous aurez peut-être besoin de faire des recherches, de lire nombre d’articles, de vous rendre dans des lieux précis, etc. Si vous devenez autoéditeur, vous apprendrez certainement à créer un site internet, à gérer des réseaux sociaux, à ouvrir une boutique en ligne, etc. Tout ce que vous allez faire en tant qu’écrivain peut vous servir dans votre vie professionnelle, mais aussi votre vie de tous les jours. Il « agit de votre “plus” à vous. Attention pour cela à ne pas faire déborder votre activité “secondaire” sur votre activité principale, pour que le couple salarié auteur fonctionne, il vous faut vous impliquer dans vos deux activités !

Le dédoublement de la personnalité

Rassurez-vous, ici pas question de Docteur Jekyll et Mister Hyde mais avoir deux activités peut vous provoquer quelques nœuds au cerveau. Devez-vous révéler votre activité ? À votre employeur, non. Vous vous êtes préalablement assuré que vous aviez le droit d’être écrivain en parallèle de votre job, mais rien ne vous oblige à le dire. À vos collègues ? À vos amis ? Votre famille ? C’est vous qui voyez. Vous devez pour cela préparer votre plan de carrière. Avez-vous envie de passer des repas de famille à entendre cette même question “et alors, ton… bouquin, ça en est où ?”. Votre entourage est au courant, mais ne sait pas trop comment aborder le sujet. Et vous, ça va faire trois semaines que vous n’avez pas touché une ligne de votre fichier Word, car votre inspiration est au plus mal. Sauf que c’est déjà la septième fois en 8 mois que vous avez le moral en berne et vous n’êtes pas encore tombé sur l’article qu’il vous faut. Posez-vous les questions au moment où vous démarrez votre activité. Peut-être souhaiterez-vous en parler pour obtenir du soutien, de l’aide, une oreille attentive, des contacts, etc. Ou bien préférerez-vous faire votre démarrage seul. C’est vous qui voyez.

En plus de la question d’en parler ou de ne pas en parler, une fois votre roman terminé, vous serez certainement confronté à la question suivante : dois-je signer mon œuvre de mon vrai nom ? Heureusement, je vous donne déjà tous mes conseils dans cet article.

Se fixer des objectifs

Que vous en soyez au début de vos écrits ou que vous soyez déjà dans la phase d’envoi aux maisons d’édition, vous allez rapidement vous rendre compte qu’une activité prend le pas sur l’autre. Plusieurs cas sont à prendre en considération :

  • Soit votre travail principal sera trop chronophage et ne vous laissera plus une seule minute pour respirer.
  • Soit après une longue journée de travail, bien que vous ayez théoriquement le temps, vous n’aurez plus l’envie ni la motivation de vous y mettre.
  • Soit votre activité d’auteur vous passionnera tellement que vous souhaiterez mettre fin à votre activité principale.

Que ce soit dans n’importe quelle situation, vous devrez vous poser les bonnes questions. Je suis adepte du “quand on veut, on peut” avec des nuances, cela va de soi. Vous pouvez être écrivain et salarié même si vous ne disposez que d’une heure d’écriture par semaine (que ce soit par choix ou par contrainte). Être auteur en parallèle de votre activité salarié ne vous oblige pas à écrire des tartines tous les jours, cela veut simplement dire que vous avez une activité secondaire et que vous projetez de pouvoir vivre de vos écrits en plus de votre job salarié. Vous pouvez vous donner une échéance, ou alors vous pouvez rationaliser.

Prenez en considération dès le début de votre “double emploi” le poids de chaque activité, ce que vous pouvez concéder à chacune. Pouvez-vous travailler à mi-temps dans votre activité principale ? Pouvez-vous arrêter une activité extra-professionnelle au profit de l’écriture ? etc. Pour bien réussir sa double activité, il me paraît nécessaire de vous fixer des objectifs.

Si vous savez d’ores et déjà que vous ne pourrez écrire qu’une heure par semaine, commencez par de petits projets avec notamment des concours d’écriture de nouvelles, tenez un blog, collaborez sur des plateformes d’écriture, etc.

Si vous êtes disponible sur une période de temps (congé sabbatique, congés tout court, intercontrat, etc.), visez des projets que vous pourrez mener à bien dans un laps de temps court et faites-vous un planning draconien pour arriver à vos fins.

Si vous pouvez écrire tous les soirs, vous serez plus à même de vous lancer dans un roman.

Ne vous fermez pas de portes. Quand on veut être écrivain, l’important est d’écrire et d’améliorer son écriture par la pratique, des ateliers, vos lectures, etc. Mais fixez-vous des objectifs atteignables pour vous motiver.

L’avantage d’être salarié et auteur c’est que vous avez la sécurité d’un emploi et la découverte d’un autre.

Et après ?

Si tous vos efforts payent et que vous arrivez à être publié, bravo ! Vous devrez alors réfléchir à votre futur, si vous conservez votre activité originelle ou si vous faites de l’écriture votre activité principale. Vous sentez-vous inspiré au quotidien par votre job ? Vous aide-t-il à écrire ? Le cadre fourni par cette activité fait-il que votre planning d’écriture est bien rodé ? Ou bien pourriez-vous être encore plus productif en vous concentrant sur votre carrière d’auteur ? Pouvez-vous développer votre style avec plus de temps ? La décision n’appartient qu’à vous.

Si au contraire malgré votre dévouement et votre implication vous n’arrivez à convaincre aucune maison d’édition, il vous reste encore de nombreuses possibilités. Si vous vivez bien votre double activité, vous pouvez vous lancer dans l’auto-édition. Si vous préférez l’écriture pure ou que vous êtes déjà autoédité et toujours conforté dans votre position, écrivez autre chose. Votre premier roman n’était peut-être pas parfait, vous tâtonniez, vous avez appris entre temps, alors c’est votre chance de mettre en pratique ce que vous avez engrangé et vous remettre en selle pour un nouvel ouvrage.

1 commentaire

  1. […] parce que j’ai supposé que vous n’aviez pas les compétences pour, mais vous êtes peut-être auteur et salarié, et votre job principal normalement c’est graphiste, directeur artistique, ou un travail dans ce […]

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