Combien gagne vraiment un auteur ? La réalité des revenus en France

Vous avez le projet de devenir écrivain, et pour cela, vous donnez de votre personne. Vous passez des heures à écrire, réfléchir, inventer, effacer, réécrire, effacer à nouveau, recommencer, etc. Nous avons tous nos motivations qui nous poussent à écrire. Que ce soit pour le plaisir de mettre sur papier vos idées, l’envie profonde d’être lu par le plus grand nombre, le besoin de raconter votre histoire ou toute autre raison qui vous anime.

Mais peut-être que trotte également dans votre tête l’envie de vivre de votre écriture. Vous vous demanderez donc en toute logique, comment faire, et s’il est vraiment possible de tout plaquer pour vivre des revenus générés par votre plume.

C’est la raison pour laquelle j’ai écrit cet article, en me posant la question suivante : est-il possible de vivre de son écriture ?

Combien gagne vraiment un auteur ? La réalité des revenus en France

Les points clés

Vous avez la flemme de lire mon article ? Je suis déçue, mais je comprends. Voici donc un résumé en quelques mots :

  • le taux médian de droits d’auteur est de 8%
  • si vous vendez 1000 exemplaires de votre livre grand format à 20€, vous toucherez 1600€
  • les à-valoir permettent de toucher une somme d’argent avant la moindre vente, mais ils sont déduits de vos droits d’auteur
  • vous percevez jusqu’à 70% de droits d’auteur en autoédition

Salaire, à-valoir, droits d’auteurs et tout le reste

Avant de vous donner un chiffre qui n’aurait aucun sens sans son contexte, définissons quelques termes.

Si vous êtes salarié en parallèle de votre activité d’auteur, vous savez que quand vous terminez votre journée ou votre mois de travail, vous obtenez une rémunération. Cette rémunération est votre salaire et arrive sur votre compte en valeur nette. Ce salaire varie habituellement peu d’un mois sur l’autre, et quand il varie vous savez l’anticiper (heures supplémentaires, vacations de nuit, jours fériés, etc.).

Si vous êtes indépendant et selon le régime choisit, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires qui sera amputé des cotisations obligatoires. Vous vous versez ensuite un salaire qui peut fortement fluctuer d’un mois sur l’autre en fonction de votre activité.

Côté écriture, les auteurs perçoivent généralement deux types de rémunération :

  • l’à-valoir, qui est une enveloppe décidée au moment de la signature du contrat avec la maison d’édition et qui représente une avance sur vos droits d’auteur. C’est un peu comme si vous demandiez une avance sur salaire, vous percevez un montant de votre salaire plus tôt, mais ce montant est bien entendu déduit lors du paiement de votre salaire à la date habituelle. Les à-valoir ne sont pas systématiques. Ils permettent de rémunérer le travail fournit par l’auteur avant la parution de l’ouvrage et donc avant qu’il ne puisse commencer à toucher des droits d’auteur. Si vous avez bien suivi, l’à-valoir est déduit de ce que l’auteur touchera lorsqu’il commencera à vendre son livre.
  • les droits d’auteur représentent un pourcentage du prix du livre. L’auteur touche une fraction du prix payé par l’acheteur à chaque fois qu’une vente est réalisée.

Vous l’aurez compris, on ne parle pas de salaire lorsque l’on parle de la rémunération des auteurs. La rémunération d’un auteur est fonction des ventes de son livre. Plus un livre se vend, plus l’auteur touchera d’argent.

Peut-on devenir riche en écrivant ?

Sans vouloir vous décourager ni tirer de conclusion hâtive, je vous déconseille et même décourage de « devenir écrivain » pour l’argent. Si c’est votre seule motivation, passez votre chemin, car vous risquez de vivre bien plus qu’une déception. Mais alors, c’est quoi le vrai “salaire” d’un écrivain ? Combien gagne un auteur ? Et finalement, la question qui vous brûle les lèvres… peut-on devenir riche en écrivant ?

Une rémunération basée sur un pourcentage du prix de vente

Comme je vous l’expliquais plus haut, le “salaire” d’un auteur est en fait lié aux ventes réalisées par son livre. L’écrivain est donc rémunéré en droits d’auteur (et s’il a un à-valoir, celui-ci est déduit dans tous les cas de ses ventes, ce n’est pas un complément).

Pour vous donner une idée réaliste des droits d’auteur que vous pouvez espérer percevoir, je citerai ici Isabelle Meyer dans son ouvrage Écrire un roman les trucs qui marchent. Dès les premières pages de son livre, elle vous donne les chiffres, histoire de vous faire une petite idée de la réalité.

D’après elle, un auteur gagne entre 5 % et 14 % du prix de vente du livre sachant qu’un premier roman se vend (sauf exception) entre 600 et 700 exemplaires.

Déjà là, vous pourriez être déçu voire démotivé, car passer tant de temps à écrire, seul devant son écran d’ordinateur, envoyer des dizaines de fois votre manuscrit auprès des maisons d’édition, réussir à passer l’étape de sélection et finalement se voir distribuer à 600 ou 700 exemplaires… il y a de quoi devenir barge.

Mais ce n’est pas fini ! Isabelle Meyer termine le calcul en admettant un prix de vente de 16 € de votre ouvrage avec un tirage à 700 exemplaires ce qui vous fait 11 200 € de chiffre d’affaires (700 exemplaires x 16 €). Vous pouvez ensuite appliquer votre taux (entre 5 % et 14 %).

Dans l’exemple, l’auteur choisit 12 % pour 650 heures de travail (soit 6 mois et demi de travail en travaillant 5 jours par mois et 5 heures par jour). Je m’arrête sur ce point, car si c’est votre premier roman vous avez certainement travaillé bien plus que 650 heures. Je vous le dis et redis dans mon article sur « Comment devenir écrivain », le travail de préparation peut être énorme et doit être compté dans les 650 heures.

Quel est le taux horaire d’un écrivain ?

Même s’il peu sembler incongru de parler en taux horaire pour un écrivain, cela permet de se comparer à d’autres professions et de rendre plus objective les comparaisons. Et aussi de vous rendre compte comparativement de ce que cela représente.

Enfin bref, si vous utilisez les informations du livre cité plus haut, en comptant 650 heures et 12% du prix de vente, vous arrivez finalement à un taux horaire de 2 €.

Rendez-vous compte, votre livre vous rapportera 2 € par heures travaillées. Pour ceux qui n’ont pas en tête de comparatif, le SMIC horaire net en mai 2026 s’élève à 9,5 €.

Alors certes, écrire ce n’est pas aussi fatigant que certains jobs payés au SMIC, là n’est pas le débat, simplement, n’écrivez pas pour devenir riche, c’est une motivation bien trop éloignée de la réalité du travail à fournir.

Comme je le disais, vous pouvez gonfler le nombre d’heures de travail si c’est votre premier roman. Personnellement, je ne saurais dire combien d’heures j’y ai passé vu qu’il m’a fallu des années pour achever mon premier manuscrit.

Abaissez également un peu le taux de rémunération, car en tant qu’auteur inconnu, vous ne serez pas en mesure de négocier (beaucoup) votre rémunération. Ce ne sera peut-être pas 12% que vous toucherez, mais 8 ou 10%.

De quoi est composée la rémunération des auteurs ? 

Vous le voyez, la rémunération d’un auteur est faible. Vous me direz que j’ai pris là un exemple d’un seul ouvrage qui peut ne pas être représentatif. Vous avez raison, car je trouve que l’auteure en question est un peu trop optimiste.

D’après le 10ème baromètre des relations auteurs/éditeurs datant de 2025, le taux médian de rémunération est de :

  • 8% pour le livre papier
  • 7% pour le livre numérique

Cette médiane incluant les 19% d’auteurs et autrices qui touchent moins de 5% de droits pour le livre papier ! Ce faible taux étant plus répandu sur les albums jeunesse (je suppose que cela est dû au fait qu’il faille aussi rémunérer l’illustrateur notamment).

Pour vous faire un calcul simple, pour un livre grand format à 20€, un auteur touchant le taux médian de 8% percevra 1,6€ par livre vendu. Si cet auteur a la chance d’en vendre 1000 exemplaires (on se souvient que c’est déjà une prouesse), il touchera 1600€.

Certes votre livre a une durée de vie quasiment infini et pourrait vous rapporter pendant des années. Maison ne va pas se leurrer, les ventes sont liées à l’intérêt généré par votre livre. Et l’intérêt est généralement créé par la publicité, la promotion de l’ouvrage auprès du public. Après le lancement la dynamique s’essouffle. Il y a des exceptions, notamment les rééditions, l’actualité qui peut remettre votre livre sur le devant de la scène, etc. Mais ce sont bien des exceptions.

Enfin, les à-valoir se font moins rares qu’avant. Les trois quarts des auteurs en perçoivent. Cependant, ne compter pas dessus pour vous faire vivre pendant des mois pendant que vous écrivez. Pour 68% des auteurs qui touchent un à-valoir celui-ci est inférieur à 3000€.

Je pourrais vous citer maintes et maintes sources qui vous montrent à quel point ce n’est pas grâce à l’écriture que vous ferez fortune, mais mon but n’est pas de vous dégoûter d’écrire, simplement de vous lancer dans ce projet en ayant en tête que devenir riche ne doit pas être votre mantra au risque de déchanter sérieusement.

Les variations de rémunération entre les auteurs

Le revenu d’un auteur est hautement variable et dépend de plusieurs facteurs. On peut citer : la notoriété de l’écrivain, le succès commercial du livre, la négociation de votre taux de rémunération, et la vie du livre une fois publié. Les droits de traduction, les adaptations (films, séries, parcs à thème, etc.), les rééditions, pourrons vous amener de nouvelles sources de revenus.

Certains auteurs peuvent gagner confortablement leur vie grâce à leurs écrits. Je pense notamment aux auteurs cités dans le dernier paragraphe de cet article. Tandis que d’autres peuvent percevoir des revenus plus modestes voire quasi inexistants. Si l’écriture est votre job à temps complet et que vous avez besoin d’argent pour vivre… Toucher 1600€ par an ne pourra pas vous suffire.

Au risque de me répéter, votre envie d’écrire ne doit pas être motivée par l’argent, mais je vous invite tout de même à vous donner les moyens de réussir si vous souhaitez en faire votre activité à plein temps !

Comment augmenter son taux de rémunération ?

Pour gagner davantage que les 8% médians dont je vous parlais plus haut, vous pouvez vous lancer dans l’autoédition. En vous autoéditant, vous percevez un plus grand pourcentage de vos ventes. En effet, en vous autoéditant, vous passez par des plateformes telles que Kobo ou Amazon dont les redevances aux auteurs sont plus élevées que les 8% des maisons d’édition.

Cependant, bien que vous puissiez récupérer 70% du prix de vente de votre livre, vous aurez aussi des coûts personnels plus élevés. En passant par une maison d’édition, beaucoup de postes de dépenses ne sont pas à votre charge (relecture, mise en page, impression, publicité, distribution, etc.). Ainsi vous n’aurez pas à faire corriger professionnellement votre livre, la maison d’édition s’en chargera. Vous ne devrez pas non plus vous occuper du graphisme pour la mise en page ou la couverture. Enfin, vous n’aurez aucun frais de publicité puisque que c’est la maison d’édition qui s’en chargera.

Si vous êtes écrivains, vous pouvez vouloir récupérer plus d’argent sur chaque vente. L’autoédition est alors une solution. Notez tout de même que vous aurez des frais importants si vous souhaitez sortir du lot. Généralement, et ce n’est pas toujours vrai, mais dans l’immense majorité des cas, vous vendrez davantage de livres via une maison d’édition que via l’autoédition. Alors peut-être que vous ne percevrez que 8%, mais ce sera sur de plus gros volumes.

Et les écrivains à succès ? 

Malgré ces premiers paragraphes, vous ferez peut-être partie des auteurs à fort succès qui peuvent aujourd’hui se consacrer à l’écriture de romans comme job à plein temps. Le journal Capital publiait en 2017 la liste des écrivains les mieux payés. La source est vieille, mais c’est surtout pour illustrer mon propos et vous montrer les disparités qui existent.

Les salaires avancés sont des estimations, mais on retrouve en tête Guillaume Musso et ses 2,8 millions de revenus en 2016 suivi par Marc Lévy et 1,7 million d’euros puis Michel Bussi avec 1,4 million d’euros de revenus. Les deux suivants passent déjà sous la barre du million de revenus.

Cela peut vous faire rêver, mais ces trois auteurs ont de nombreux romans à leur actif et une carrière déjà bien en place.

Peut-être réussirez-vous à entrer dans le top 10 des écrivains français les mieux payés. Je vous le souhaite sincèrement. En attendant, retournez à votre roman ! Le meilleur moyen d’atteindre vos objectifs c’est de les fixer et de tout mettre en œuvre pour y arriver !

34 réflexions au sujet de “Combien gagne vraiment un auteur ? La réalité des revenus en France”

  1. Avez-vous noté que depuis le 1er janvier 2020, les droits d’auteurs doivent être directement déclarés à l’URSSAF par l’éditeur?
    Les droits d’auteurs ne sont pas calculés sur le TTC, mais sur le HT, soit 5,5% en moins. La TVA est obligatoirement reversée à l’État.
    De plus, l’URSSAF prélève environ 16% de charges sociales. Ce qui fait que sur un livre à 16€ TTC, l’auteur touche sur 15,17€.
    Les auteurs à 14% atteignent des ventes par dizaines, voire centaines de milliers d’exemplaires.
    S’il est à 8% brut, cela lui fait 1,21€ avant prélèvements, soit 1,02€ sur le livre.
    Peu d’auteurs vendent 700 exemplaires, mais si l’auteur réussit à en vendre 500, cela lui fait 510€.
    Si, pour vendre ses livres, il a engagé des frais de route non remboursés par l’éditeur, le Salon ou le libraire, un café par-ci, un sandwich par là… vous voyez que nous sommes même encore très loin de vos chiffres !

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  2. Bonjour Dominique,

    Vous avez tout à fait raison, il y a également un certain nombre de charges à prendre en compte dans le calcul. Je me suis basée sur les données lues dans l’ouvrage d’Isabelle Meyer, elles sont peut-être un peu plus optimistes que la réalité mais quand bien même, le résultat final montre bien que l’auteur ne pourra vivre de l’écriture s’il s’agit du seul livre qu’il publie dans l’année.

    Bonne journée,
    Anne-Laure

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